Les petites mains du trafic de drogue

Mikael Corre

 journaliste

Date / Heure : jeudi 08 février 2024 à 18:30

Lieu : Palais des Beaux Arts, auditorium


Mikael Corre est journaliste. Il est Lauréat 2022 du prix Jacques Hamel qui récompense un travail journalistique qui met en lumière les initiatives en faveur de la paix et du dialogue. Il a été présélectionné pour le prestigieux Prix Albert Londres en 2020.

La criminalité a été vraiment crescendo ces derniers mois au Mans, sur fond de trafic de stupéfiants, de règlements de comptes. C’est notamment dû à l’importance de la cocaïne sur le cannabis ces derniers temps. On sait que, dès lors qu’on parle de cocaïne, les enjeux financiers sont évidemment bien plus importants et donc la violence qui va de pair aussi.
De plus en plus jeunes, les petites mains du trafic de drogue, sont guetteurs,
rabatteurs ou revendeurs dès l’âge de 14 ou 15 ans. Mikael Corre et Marie Boëton, deux journalistes de La Croix L’Hebdo ont vu ces soutiers à l’oeuvre dans une cité du Mans (Sarthe). Les deux journalistes ont eu l’opportunité de pouvoir suivre la BAC (la brigade anti-criminalité) qui est évidemment très présente sur le terrain. Ils ont aussi suivi le juge des enfants. La procureure a accepté aussi qu’ils puissent suivre des audiences qui, a priori, se tenaient à huis clos pour juger les mineurs concernés.
Cette enquête est née d’une interrogation issue d’un travail précédent dans un commissariat à Roubaix (présenté à l’UpL la saison dernière) et cette question est simple : pourquoi autant d’enfants tiennent les points de deal ? Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils là ? Quelles solutions leur sont offertes ?
Cette enquête a aussi pour but de sensibiliser les consommateurs de drogue
mais également celui de rendre le débat public un peu moins naïf. « Tant qu’il y aura de la consommation de drogue, on verra des gens qui en vendent car ce trafic génère des profits colossaux. Si on s’est intéressés aux petites mains, c’est pour rappeler la réalité d’un trafic de drogue : seule une infime minorité des trafiquants gagnent énormément d’argent. Nous avons donc travaillé sur le lumpenprolétariat » (Mikael Corre).